|
L'étendue de notre ignorance
Sur la carte de la Biodiversité, les
< zones blanches > représentent les neuf dixièmes de la surface.
1.8 millions d'espèces recensées à ce jour : en gros 10 à 20% de ce qui existerait sur la planète.
L'expédition s'attaque à la partie immergée de l'iceberg, aux frontières de ces formidables réservoirs que sont les récifs coralliens et le sommet des arbres. Une plongée dans l'infiniment petit vers la méga-diversité : les petits animaux marins (crustacés) estimés à
1 million d'espèces et, de façon symétrique, les petits animaux terrestres (insectes) des canopées tropicales, estimés eux à 10 millions d'espèces.
Une mission impossible ?
Au rythme actuel des inventaires, compte tenu des moyens et des spécialistes disponibles, il faudrait 1000 ans pour compléter le recensement des
formes de vie sur la planète: sachant qu'au rythme actuel des extinctions
provoquées par l'Homme, on estime que près de la moitié pourrait avoir disparu avant 100 ans.
Alors que faire ? L'expédition construira de nouveaux outils et méthodes d'inventaires pour tenter d'accélérer ce recensement.
 |
Pourquoi, par ailleurs, se préoccuper de connaître ces innombrables petites bestioles qui sont au mieux invisibles et au pire dérangeantes pour la plupart d'entre nous ?
Parce qu'elles sont plus que des nombres. C'est de leur diversité que dépend l'intégrité des écosystèmes : le très grand nombre des espèces d'invertébrés n'est pas là pour la satisfaction des collectionneurs. Elles sont à la base de l'entretien et du bon fonctionnement des systèmes naturels: et des services environnementaux sur lesquels reposent nos sociétés humaines.
SANTO 2006 doit aussi nous permettre de rompre avec un certain nombre d'idées reçues. Apprendre au plus grand nombre qu'entre autres exemples, la biomasse représentée par les seules termites correspond à 3 fois celle de tous les oiseaux et mammifères d'une forêt tropicale, ou encore que la biomasse représentée par les fourmis correspond à la moitié de la masse totale de tous les animaux d'une forêt tropicale.
Des prédicteurs utiles sur l'état futur de la planète
On s'inquiète beaucoup des conséquences des changements
|  |
climatiques. Maintenant qu'un consensus existe sur ces changements, une question survient : Quel sera leur impact ?:
et personne ne peut répondre, parce que les organismes les plus importants de la machinerie biologique sont tous simplement ignorés.
< La glace des pôles fond et les ours blancs vont avoir de sérieux ennuis. >
Mais encore ?
Lorsque nous aurons épuisé cette anecdote sous toutes ces formes dans les médias, il sera bien difficile d'expliquer à l'humanité les conséquences de ses actes et encore moins de les anticiper.
Or nous savons par exemple, que les insectes pourraient fournir les signes avant-coureurs des changements. Un cycle de vie court et une haute sensibilité aux variations du milieu dans lequel ils vivent en font d'excellents outils de prévision des modifications en cours dans un écosystème, à la différence des arbres ou des autres grands animaux qui ne font qu'indiquer l'actualité ou la réalité d'un changement.
|
|